Disjoncteur

Un disjoncteur est un système électromécanique, ou alors électronique, de protection dont la fonction est d'interrompre le courant électrique en cas d'incident sur un circuit électrique.



Catégories :

Composant électrique - Électrotechnique

Définitions :

  • Appareil donnant la possibilité la coupure de l'électricité sur la totalité de l'installation électrique soit : - Automatiquement en cas d'incident : dépassement de puissance souscrite (utilisation d'un trop grand nombre d'appareils électriques en même temps), court-circuit, etc.... (source : energie-info)
  • C'est un interrupteur à ouverture automatique capable, sans subir de détérioration : - d'établir, de supporter et d'interrompre des courants dans les conditions normales d'exploitation ; - d'établir, de supporter et d'interrompre des courants dans les conditions anormales (court-circuit et ... (source : cseee)
  • Organe de protection réarmable, permettant de interrompre un circuit en surcharge ou en défaut. (source : alain.canduro.free)

Un disjoncteur est un système électromécanique, ou alors électronique, de protection dont la fonction est d'interrompre le courant électrique en cas d'incident sur un circuit électrique. Il est capable d'interrompre un courant de surcharge ou un courant de court-circuit dans une installation. Suivant sa conception, il peut surveiller un ou plusieurs paramètres d'une ligne électrique. Sa principale caractéristique comparé au fusible est qu'il est réarmable (il est prévu pour ne subir aucune avarie lors de son fonctionnement).

Différentes techniques utilisées par les disjoncteurs

Thermique

Une surcharge de courant traversant une bilame (chauffage direct) ou traversant des spires de fil chauffant indirectement une bilame, crée par effet Joule un échauffement et la déformation du dit bilame. Ce bilame déclenche mécaniquement un contact, qui ouvrira le circuit électrique protégé.

C'est l'une des fonctions classiquement remplies par un fusible gG (anciennement gl - usage général).

La protection thermique a pour principale fonction la protection des conducteurs contre les échauffements dus aux surcharges prolongées de l'installation.

Magnétique

La forte variation d'intensité passe au travers des spires d'une bobine (repère 7 sur la photographie «Éclaté d'un disjoncteur»). Elle produit, selon les règles de l'électromagnétisme, une forte variation du champ magnétique. Le champ ainsi créé déclenche le déplacement d'un noyau de fer doux qui va mécaniquement ouvrir le circuit et ainsi protéger la source et une partie de l'installation électrique, surtout les conducteurs électriques entre la source et le court-circuit.

L'interruption est «instantanée» dans le cas d'une bobine rapide ou «contrôlée» par un fluide dans la bobine qui permet des déclenchements retardés. Il est le plus souvent associé à un interrupteur de très haute qualité qui autorise des milliers de manœuvres.

C'est la fonction remplie par un fusible aM (accompagnement moteurs). Pour démarrer, un moteur demande, pendant quelques instants, une brève surintensité pouvant aller jusqu'à dix fois son intensité normale de fonctionnement. Cette surintensité, normale, ne doit cependant pas déclencher le système de protection. Ainsi, les fusibles de type aM sont conçus pour pouvoir absorber pendant un court instant un pic d'intensité supérieur à la valeur de protection. Par contre, en cas de surintensité (d'une valeur inférieure mais plus longue)  : le système coupera logiquement l'alimentation électrique.

La protection magnétique a pour principale fonction la protection des équipements contre les défauts (surcharge de l'équipement, court-circuit, panne... ). Il est choisi par l'ingénieur qui a le souci de protéger son équipement avec une très grande précision.

Courbe de déclenchement

Rouge : Courbe B
Bleu : Courbe C
Courbe B
Courbe C
Courbe D
Courbe MA
Courbe K
Courbe Z

Différentiel

Principe de fonctionnement

Un disjoncteur différentiel est un interrupteur différentiel possédant un pouvoir de coupure (extinction de l'arc) et réalisant aussi une protection contre le courant de court-circuit (surcharge forte).

Le principe d'un système différentiel à courant résiduel (DDR) est de comparer les intensités sur les différents conducteurs qui le traversent. A titre d'exemple, en monophasé, il compare l'intensité circulant dans le conducteur de phase, et celle du conducteur de neutre. C'est un appareil de protection des personnes qui limite les risques d'électrocution en détectant les fuites de courant à la terre de l'installation électrique.

Le système différentiel est basé sur le principe suivant : dans une installation normale, le courant électrique qui arrive par un conducteur doit ressortir par un autre. Dans une installation monophasée, si le courant dans le conducteur de phase au départ d'un circuit électrique est différent de celui du conducteur neutre, c'est qu'il y a une fuite. La différence d'intensité du courant à laquelle réagit un disjoncteur est nommée la "sensibilité différentielle du disjoncteur" (obligatoirement 30 mA sur les circuits terminaux domestiques), notée IΔn ("i delta n").

Son fonctionnement est particulièrement simple : chaque conducteur passe dans un tore magnétique, formant ainsi des champs électromagnétiques de force semblable et en opposition qui s'annulent. En cas de différence, d'où son nom de différentiel, le champ électromagnétique résultant actionne un système qui coupe immédiatement le courant.

Il existe plusieurs classes de systèmes différentiels :

(norme NF C 15-100)

(¹)  : Classe_de_protection

Magnéto-thermique

Électronique

On peut distinguer les disjoncteurs à déclencheur électronique, présentés dans ce paragraphe, des disjoncteurs électroniques qui interrompent le courant de court-circuit avec composants électroniques puissants et rapides, mais sont incapables d'assurer un sectionnement.

Un déclencheur électronique peut réaliser les fonctions des déclencheurs thermiques et / ou magnétiques, c'est-à-dire détecter selon le cas les courants de surcharge ou les courants de court-circuit pour provoquer l'ouverture des contacts.

Il se compose toujours d'un système de mesure du courant (shunt, ou le plus fréquemment transformateur de courant à fer ou à air), d'un système de traitement électronique de la mesure (comparaison du courant mesuré à une valeur définie), et d'un système de déclenchement (un électro-aimant qui libère le mécanisme d'ouverture).

L'intérêt d'un déclencheur électronique est de pouvoir disposer d'une large plage de réglage (du niveau de déclenchement, du délai de déclenchement), d'inclure peut-être des algorithmes particulièrement élaborés de détection de courant de défaut, par exemple en prenant en compte la dérivée du courant, de permettre la transmission de l'état du disjoncteur, de la mesure du courant, etc.. vers un automatisme de surveillance du réseau.

Son inconvénient est de nécessiter une alimentation en prélevant l'énergie nécessaire :

En effet, un disjoncteur doit pouvoir déclencher dès la naissance d'un court-circuit, y compris celui résultant de sa propre fermeture !

Il est aussi coûteux, ce qui le réserve aux appareils puissants ou haut de gamme.

Principe

Deux des techniques auparavant décrites sont associées pour veiller sur plusieurs paramètres :

Composants

Éclaté d'un disjoncteur
  1. Manette permettant de couper ou à réarmer le disjoncteur manuellement. Elle indique aussi l'état du disjoncteur (ouvert ou fermé). La majorité des disjoncteurs sont conçus pour pouvoir disjoncter même si la manette est maintenue manuellement en position fermée.
  2. Mécanisme lié à la manette, sépare ou approche les contacts.
  3. Contacts permettant au courant de passer quand ils se touchent.
  4. Connecteurs
  5. Bilame (2 lames soudées à cœfficients de dilatation différents)  : relais thermique (protection contre les surcharges)
  6. Vis de calibration, permet au fabricant d'ajuster la consigne de courant avec précision après assemblage.
  7. Bobine ou solénoïde : relais magnétique (protection contre les courts-circuits)
  8. Chambre de coupure de l'arc électrique

Utilisation

Ces modèles sont conçus pour remplacer les fusibles gG (surtout utilisés en domestique), en offrant l'avantage d'être réarmables (une manette à actionner, aucune cartouche à remplacer) et en cumulant dans un même boîtier une détection thermique contre les surcharges prolongées et magnétique contre les augmentations rapides de courant.

Hydraulique

Le mécanisme de déclenchement utilisé dans le cas d'un disjoncteur Magnéto-hydraulique ou Hydro-magnétique est double. D'une part la partie magnétique déjà expliquée ci dessus, et d'autre part, le système hydraulique. Ce dernier remplace la partie "thermique". Il va par conséquent permettre de détecter les surintensités légères mais de longue durée.

Ses avantages sont les suivants :

Son principal inconvénient reste son prix vis-à-vis de la technologie thermique.

Constantes de temps

Certains disjoncteurs sont équipés de dispositifs mécaniques, électriques ou électroniques, réglables en durée, en intensité ou en sensibilité, permettant d'interdire le fonctionnement de l'une des 3 fonctions ci-dessus (thermique, magnétique, différentielle) durant un certain laps de temps. Ce retard au déclenchement permet d'autoriser certains phénomènes transitoires négligeables du point de vue de la protection des personnes, des circuits et des équipements, mais qui pourraient autrement déclencher l'ouverture de la protection (mise sous tension de transformateurs ou d'alimentation à découpage par exemple). Ils peuvent aussi être réglés pour laisser la possibilité à une autre protection localisée en aval de remplir son rôle, donnant la possibilité ainsi la sélectivité des protections.

Pouvoir de coupure

Le pouvoir de coupure d'un disjoncteur correspond à son aptitude à interrompre un courant de court-circuit («couper un circuit») sans destruction ainsi qu'à coup sûr. Il se définit par l'intensité maximale du courant (appelé «courant présumé») qui passerait si aucun disjoncteur ne l'interrompait. Les normes CEI 60947-2 (ou NF-EN 60947-2) pour les disjoncteurs basse tension de puissance, et CEI 60898 (ou NF EN 60898) pour les disjoncteurs à usage domestique, précisent ces caractéristiques.

La coupure d'un circuit en charge implique la formation systématique d'un arc électrique entre les contacts. Le courant I circule à travers l'arc, ce qui retarde la coupure, mais qui génère entre les contacts une tension Uarc, dite tension d'arc, qui s'oppose à la tension du réseau Er qui l'a créé. Le courant diminue, jusqu'à se couper, dès que la tension d'arc est supérieure à celle du réseau, conséquence de l'équation du circuit : Lrac {dI}{dt} = E_r - U_{arc} - R.I.

Un fort courant soumet l'ensemble des conducteurs à des forces électrodynamiques violentes, qui selon l'architecture de l'appareil peuvent l'aider ou non à s'ouvrir rapidement, aider aussi l'arc électrique à s'allonger ainsi qu'à rejoindre une zone, dite chambre d'extinction, où son énergie sera bien absorbée.

Plus le courant est important, plus l'arc est puissant (produit intensité par tension d'arc), plus l'énergie accumulée peut être destructrice. Si la disparition de l'arc n'est pas assurée dans un temps suffisamment court, le boîtier de l'appareil peut ne plus supporter la pression des gaz échauffés, la fusion des contacts risque d'empêcher le réarmement de l'appareil. Le disjoncteur ne serait alors plus capable d'assumer sa fonction.

Un disjoncteur doit par conséquent être dimensionné pour pouvoir supporter le courant de court-circuit potentiellement présent à son point d'insertion dans un circuit, sous la tension potentiellement présente à ce même point d'insertion. L'intensité et la tension de ce courant dépendent de plusieurs facteurs :

Dans le cas opposé, il devra être lui-même protégé soit par un fusible, soit par un autre disjoncteur présentant un pouvoir de coupure suffisant.

Aptitude au sectionnement

Selon les règles d'installation (en France, selon le chapitre 437.2 de la norme NF C 15-100), le disjoncteur doit assurer la séparation physique des circuits, lors d'intervention ou de travaux sur le circuit concerné, c'est-à-dire avoir une aptitude au sectionnement : cette aptitude est la garantie que l'appareil ne laissera passer aucun courant résiduel dangereux s'il indique une position ouverte par un voyant ou par la position de la manette, soit un maximum de 0, 5 mA à 6 mA selon le cas, quand la tension du réseau est appliquée entre ses limites. Les normes CEI 60947-2 et CEI 60898 mentionnées plus haut précisent les conditions de cette aptitude.

Un système de condamnation (cadenas et étiquette de condamnation) permet alors le blocage des contacts en position ouverte pour respecter les règles concernant l'habilitation électrique (UTE C 18-510, 520, 540), on nomme cela une «condamnation».

La condamnation concerne la 2e étape de la procédure de «consignation».

Voir aussi

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/04/2010.
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